Les espaces verts publics manquent cruellement aux habitants du Grand Toulouse. Ils ont été l’objet d’une bataille de communication entre les divers candidats aux dernières élections locales. Les sortants ont au passage bénéficié du soutien sans faille de La Dépêche toujours aux côtés des responsables politiques locaux en place… C’est ainsi que dans son numéro du 30 décembre 2019, et sur la base d’un rapport de la société Kermap, on nous annonçait fièrement : « Toulouse, deuxième ville la plus verte de France ».
La vérité est bien différente car il est précisé dans ce rapport que ce classement est dû à la forte quantité d’espaces verts privés (jardins notamment) alors que les espaces verts publics sont eux au plancher. D’après l’UNEP, la superficie d’espaces verts par habitants est à Toulouse de 28 m2 alors que la moyenne des 50 plus grandes villes de France serait de 48 m2.
Rappelons que le plan d’urbanisation est élaboré par les instances politiques locales (Toulouse Métropole) dans un document appelé « Plan local d’urbanisme intercommunal – Habitat » communément désigné par l’acronyme « PLUi-H« . La commission d’enquête publique chargée d’examiner le projet de de Toulouse Métropole, avait déjà affirmé notamment parmi les nombreuses réserves et recommandations : « pas assez de grands parcs urbains et de jardins/squares de proximité« . On ne peut pas être plus clair. Ça n’a pas empêché la mairie de refuser toute modification du PLUi-H. Finalement, le tribunal administratif a annulé en mars 2021 le PLUi-H qui concerne 37 communes de l’agglomération toulousaine. Motif : trop de destruction d’espaces verts (Zéro artificialisation des sols).
Autant dire que ce n’est pas très glorieux pour la 4ème ville de France… Il y a eu pourtant de nombreuses opportunités pour dégager des espaces verts qui soient autre chose que de minuscules squares coincés entre les immeubles. Citons par exemple la Caserne Niel, la Caserne Perignon, le Site de Balma Ballon, Francazal, etc. A chaque fois les promoteurs ont eu carte blanche pour tout bétonner. Dernière opération immobilière monstrueuse : le site de la Cartoucherie. Emblématique du délire immobilier actuel. Sur les 33 hectares disponibles, construction de 3500 logements (dont 45% de logements « sociaux » principalement destinés aux immigrés) réduisant les espaces verts à quelques lambeaux de gazon et quelques arbres insérés entre les voies de circulation !
Même le site AZF est lui aussi saccagé : en dehors des bâtiments construits autour de l’Oncopôle, des hectares de zone verte en milieu urbain ont été recouverts de 40 000 panneaux solaires qu’il aurait été largement plus judicieux de placer loin des zones à forte densité de population.
Résultat de cette politique d’urbanisation massive : le seul véritable espace vert de l’agglomération (La Ramée) est littéralement pris d’assaut dès les premiers beaux jours. Mais il sera bientôt étouffé par les projets immobiliers alentour comme on peut le voir ici.
En attendant, on est toujours sous le régime de l’ancien PLU, pour le plus grand bonheur des promoteurs immobiliers

